Am Dafock, ça va toujours aussi mal

Par Marie Pierre COPPENS l LNC

(Bangui le 20 Juillet 2026 l LNC) Je reviens d'Am Dafock, dans la Vakaga, prés de la frontière Soudanaises, les Russes et les FACA ont beau jeu d'y faire les malins, évidemment les rebelles sont repartis, et Bangui continue de mentir dessus, en disant que la ville serait sous contrôle, ce n'est pas vrai, Moloua y venu pourquoi ? pour faire des discours et des promesses qu'il ne tiendra jamais, en attendant, par manque de tout, c'est l'exode de la population sur Birao, à quelques 60 kms de là, pour y espérer un avenir meilleur, plus de 2000 personnes sont partis, sur place, c'est près de 20 000 personnes squattent l'ancienne base de la MINUSCA, incendiée il y a peu par des hélicoptères Russes, quant aux FACA, ceux qui n'ont pas fui devant l'assaut des rebelles de l’Alliance du sursaut patriotique (ASP), trainent en ville, et là bas, la situation humanitaire y reste préoccupante. De la fenêtre de sa case en bambou, à Birao, Alima regarde ses enfants inconscients s'amuser dans la cour, quelques jour plus tôt, elle avait fui Am Dafock, elle est désespérée :: « Nous avons parcouru 60 kilomètres à pied pour venir ici. Notre vie est un véritable calvaire. Il n’y a rien à manger, ni d’eau potable à Am Dafock. Nos enfants sont malades, mais il n’y a pas de soins. Nous vivons comme des animaux. » Plus loin, Souleymane lui, transporte des bidons et des fagots sur un âne. Il cherche une activité qui lui permettra de subvenir aux besoins de sa petite famille. « Nous dormons sous des morceaux de pagnes, de grands sachets et de vieilles bâches. Quand il pleut, des familles entières, y compris des enfants, restent sous la pluie. Je suis obligé de vendre des fagots de bois pour espérer gagner quelque chose et nourrir ma famille », explique-t-il. Quant aux auttres habitants, ceux qui n'ont pas fui à Birao, quand ils ne squattent pas le camps de la MINUSCA,sont cachés en brousse; pour Thierry Evariste Binguinendji, gouverneur de la région du Fertit, des mesures ont été prises pour venir en aide aux personnes déplacées : « Au moment où je vous parle, la ville est calme, bien sécurisée. Les humanitaires se sont vraiment dépêchés. À Am Dafock, ils sont à pied d'œuvre pour aider les populations. » Donc pour lui tout va bien, il est bien le seul à le dire. Mais ne soyons pas mauvaise langue, car depuis son passage à Birao, le premier ministre et les sociétés onusiennes, surtout, ont inauguré un pôle de développement, ce qui fait dire à Maïmouna Hamza, bébé attaché dans le dos, vêtue d’un hijab : « Notre région a été oubliée par les autorités pendant plusieurs décennies. Nous avons traversé des années d’instabilité, avec un État absent, des services sociaux de base qui manquaient et un accès humanitaire limité. Aujourd’hui, nous remercions les autorités et leurs partenaires d’avoir pensé à nous. » Merci à l'ONU, surement pas au gouvernement qui en récolte les bénéfices.

LNC

Date: 20 Juillet 2026

Montage photo : LNC

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