Bangui la folle !

Par Antoinette KODROGUÉ l LNC

(Bangui,i le 21 Février 2026 - LNC) Quand on est à Bangui, on est aspiré par le bruit, et la multiplication anarchique des débits de boissons et motels, souvent installés à quelques mètres seulement des écoles et des espaces de loisirs, suscitant une vive inquiétude parmi les habitants comme au sein des autorités locales. Évidemment ce phénomène, obéit à une demande commerciale croissante, exposant particulièrement la jeunesse à des risques qui ne cessent de s’amplifier. Dans les rues de Bangui, il suffit désormais de parcourir quelques centaines de mètres pour croiser l’un de ces nombreux établissements où l’alcool coule à toute heure du jour et de la nuit. Le phénomène, autrefois circonscrit à certains quartiers, s’est étendu au point de devenir omniprésent, bouleversant les habitudes urbaines et fragilisant les repères sociaux. L’attrait économique qu’offrent ces commerces, exigeant peu de capital et assurant une clientèle régulière, a encouragé une prolifération souvent dépourvue de toute régulation. Cette évolution inquiète d’autant plus qu’elle s’observe fréquemment à proximité immédiate des écoles, où les élèves côtoient quotidiennement des lieux de consommation qui ne devraient, en principe, leur être accessibles sous aucun prétexte. Cela dit, les habitants de plus en plus s’alarment des conséquences visibles de cette situation. Les enseignants constatent, impuissants, l’apparition de comportements à risque chez certains élèves, séduits par la facilité d’accès à l’alcool. À cela s’ajoute un climat d’insécurité qui s’intensifie autour de ces établissements, souvent ouverts tard dans la nuit et servant de point de ralliement à des groupes dont les activités s’accompagnent parfois de violences ou de délinquance. Les riverains évoquent également les nuisances sonores qui perturbent le repos, contribuant à détériorer le cadre de vie de quartiers entiers. Devant cette situation, les autorités locales essaient de réagir, bien conscientes des fractures sociales que cette prolifération non maîtrisée pourrait entraîner. Cependant, le manque de dispositifs alternatifs pour les jeunes, combiné à la faiblesse des opportunités d’emploi pour les adultes, contribue à maintenir ce modèle commercial comme dernier recours pour de nombreuses familles. Dès lors, les autorités se retrouvent face à un dilemme : protéger la jeunesse tout en tenant compte des réalités économiques d’une population souvent en quête de moyens de survie. Parmi la société civile, de nombreux acteurs appellent à un renforcement des mesures de régulation, et aussi à une réflexion plus globale sur l’aménagement urbain et la création d’espaces de détente sains et accessibles. En insistant sur l’urgence d’un travail de sensibilisation auprès des jeunes, afin de limiter l’attrait d’une consommation précoce d’alcool dont les conséquences, pourraient peser durablement sur l’avenir de la jeunesse. Bangui pour préserver son tissu social et protéger ses citoyens, en particulier les plus vulnérables, face à la prolifération incontrôlée des débits de boissons et des motels, doit rechercher un équilibre entre activité économique et préservation du bien-être collectif, cela demeure plus que jamais un impératif.

LNC

Date : 21 Février 2026

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