Le BRDC veut une marche de protestation


Par Fernand NADOT l LAMINE MEDIA

(Bangui le 31 Octobre 2026 l LNC) Touadéra pensait en avoir fini avec les troublions de "Bangui ville morte", en faisant arrêter les leaders de la société civile, mais comme le sparadrap du capitaine Haddock, cela lui revient dans les dents, avec, cette fois ci, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), principale coalition de l’opposition en République centrafricaine, qui a officiellement appelé à une grande marche pacifique le vendredi 13 Novembre prochain à Bangui. Cette mobilisation intervient dans un climat de fortes tensions politiques et sociales, marqué par la vie chère dans le pays.
C'est lors d'une conférence de presse animée le 30 Octobre par son porte-parole, Martin Ziguélé, que le BRDC a dévoilé les contours de cette manifestation. L'opposition entend mobiliser massivement les populations de Bangui, mais aussi des communes limitrophes de Bimbo et de Bégoua.
Le choix du lieu et de la forme de cette protestation n’est pas anodin. Le BRDC
affirme en effet « prendre au mot » Touadéra. Lors d'une récente rencontre avec les partenaires sociaux, le chef de l'État avait publiquement suggéré aux Centrafricains de privilégier les marches de protestation sur l'Avenue des Martyrs plutôt que de paralyser l'économie du pays par des opérations « ville morte ».
L’opposition a décidé de suivre cette recommandation à la lettre. Le rassemblement est ainsi programmé à partir de 6h00 du matin au Rond-point de la Paix, et le cortège remontera toute l'Avenue des Martyrs pour s'achever devant le Monument des Martyrs.
Derrière le symbole politique, le BRDC porte des exigences précises articulées autour de la crise socio-économique que traverse le pays :
• La lutte contre la vie chère : La coalition exige des mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat des ménages,
et réclame notamment une baisse du prix des hydrocarbures à la pompe en dessous de la barre des 1 000 francs CFA.
• La transparence dans le secteur pétrolier : L’opposition demande la publication immédiate de la convention signée entre l’État centrafricain et la société Neptune Oil SA, ainsi qu’une libéralisation totale du secteur de la distribution de carburant pour mettre fin aux pénuries récurrentes.
• La libération des prisonniers d'opinion : Enfin, les organisateurs font de la libération de cinq responsables de la société civile un préalable majeur. Ces derniers avaient été arrêtés dans la foulée de la journée « ville morte » contestataire du 12 octobre dernier.
Reste désormais à savoir quelle sera la réaction des autorités de Bangui face à cette demande d'autorisation de manifester, dans un contexte sécuritaire et politique hautement surveillé.

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Date: 31 Octobre 2026
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