La Commission de la Cemac en difficulté

Par Firmine YABADA l LNC

(Bangui le 8 Février 2026 - LNC) La Commission de la Cemac est dans la tourmente. Faute de trésorerie, l'institution est contrainte de suspendre ses activités, notamment en Centrafrique. Elle évoque une « dégradation continue de sa situation financière ». La situation serait si critique qu’elle menace même sa survie. En fait, cette suspension consiste à couper dans les dépenses. Et comme le confirme Balthazar Engonga, le président de la Commission : "fini les excès". Djimadoum Mandekor, économiste et ancien directeur au siège de la Banque des États d'Afrique centrale (BÉAC) estime que cette situation n'est pas surprenante. Selon lui, des fonctionnaires de certaines institutions n'étaient pas payés depuis deux mois. « Et donc le vice-président de la Commission a dû faire la tournée des pays. Il a visité 4 pays. Et malheureusement, malgré ces déplacements, il n'y a pas eu de retour en cash donc, ils se retrouvent en difficulté », explique-t-il. Alors pourquoi cette crise de trésorerie ? comme pour la mort d'Air Afrique, ce sont les pays membres qui ne payent plus leur quote-part : la taxe communautaire d'intégration (TCI). C’est le carburant principal de la Cemac. Sauf que ce carburant, les États ne le livrent pas assez. « C'est une taxe qui est perçue sur les importations. Les versements automatiques ne sont donc pas faits. Chaque État conserve les ressources collectées à ce titre-là et ne les reverse pas, ne les alloue pas à la commission de la Cemac. Je pense que cela reflète en partie la situation de trésorerie également dans chaque pays », ajoute l'économiste. Aussi la Commission supplie donc les États à mettre en place un mécanisme autonome de prélèvement de la taxe communautaire d'intégration, qui est une ressource affectée (et donc hors budget national). Le Gabon est le seul pays à l’avoir mis en place et a pu verser 10,5 milliards en 2025. Pour les autres États, aucun chiffre ne circule pour le moment. Et l'année dernière, moins de la moitié de la taxe communautaire d'intégration aurait été recouvrée par la Commission. Pour le moment, la Commission va observer une pause forcée, ce qui va causer des retards sur des projets d’infrastructures régionales, sur la libre circulation ou sur l’intégration tout simplement.

LNC

Date : 8 Février 2026

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