La Cour pénale spéciale (CPS) risque d’être fermée

Par Eve MALONGA l LNC

(Bangui le 12 Février 2026 - LNC) La Cour pénale spéciale (CPS) de la République Centrafricaine risque d’être fermée en 2026, en raison d’un manque de financement, en particulier. Voilà qui priverait des milliers de victimes et de survivants de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité de justice et de réparations, s’alarme Amnesty International. L’organisation appelle les États concernés à verser d’urgence des contributions financières à la Cour afin de garantir la poursuite de ses activités essentielles. La Cour spéciale, inaugurée le 22 octobre 2018, est un tribunal hybride soutenu par les Nations unies, composé de procureurs et de juges Centrafricains et étrangers. En fait, la CPS, dépend uniquement des contributions volontaires des États et des organisations internationales, et a subi d’importantes coupes budgétaires, en 2025. Sans financement supplémentaire, ce tribunal, qui a pour mandat d’enquêter et de poursuivre les crimes relevant du droit international commis pendant les conflits en République Centrafricaine, sera à court de trésorerie en Juin. « Des milliers de civils Centrafricains ont été tués, violés, enlevés, mutilés, blessés, déplacés ou ont vu leur maison incendiée lors des vagues de violence et des conflits armés depuis 2003. Pour ces victimes et ces survivants, la CPS représente un espoir de justice, qui est aujourd’hui compromis », explique ioujours l’ONG Amnesty International . Selon qui le tribunal accomplit « un travail essentiel » ; elle relève quinze enquêtes et trois procès en cours, et une trentaine de personnes actuellement recherchées. « Sa fermeture constituerait un revers catastrophique dans la lutte contre l’impunité en République Centrafricaine. Elle doit poursuivre son travail », s’inquiète Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique occidentale et centrale. L’ONG cite le membre d’une association Centrafricaine de survivants : « Les victimes sont exclues de leurs propres procès, car le tribunal n’a plus les moyens de couvrir leurs frais de transport et d’hébergement. La possibilité que des affaires soient gelées ou simplement abandonnées n’est plus une hypothèse, c’est une crainte fondée. Les victimes craignent que la justice ne soit étouffée par manque de ressources. » Tristement, un autre représentant associatif parle de la baisse des financements qui « a un impact significatif. Les partenaires financiers ne répondent plus à nos besoins, alors qu’ils sont essentiels. Cela affecte les personnes les plus directement concernées, à savoir les victimes qui cherchent à obtenir justice ». Il faut savoir que la Cour a été gravement touchée par le retrait du financement des États-Unis, qui étaient le deuxième plus grand donateur de la Cour après les Nations unies. Les seuls donateurs actuels sont l’ONU, par le biais de sa mission de maintien de la paix et de son agence de développement, et l’Union européenne (UE). En raison de la crise de liquidité à laquelle est confrontée l’ONU, celle-ci ne peut garantir ses contributions prévues pour 2026. Pour cette année, seule l’UE s’est engagée à verser une contribution financière. Certains États européens examinent également la possibilité de fournir un financement, mais ils ne se sont pas encore engagés à verser de nouvelles contributions, pas plus que tout autre État.

LNC

Date : 12 Février 2026

Copyright © 2014-2026 Tous droits réservés : LAMINE MEDIA