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Discours de Touadéra
Par Isabelle DUTHEIL l LNC
(Bangui le 15 Août 2026 l LNC) Jeudi dernier, à l'occasion du 66e anniversaire de l'indépendance de la République centrafricaine, Touadéra a appelé ses compatriotes à changer leurs comportements et leurs mentalités : "Le choix courageux que nous avons fait ensemble dessine les contours d'un Etat plus fort et plus juste", a déclaré Touadéra. Ajoutant que cette évolution ne doit pas se limiter à une réforme politique. "Ce changement institutionnel n'est pas une simple formalité, il engage la transformation radicale, voire globale, de notre pays", et : "Nous ne réparons pas l'ancien système, nous bâtissons une nouvelle Centrafrique", ou encore : "Aucune loi, aucune route, aucune industrie ne pourra transformer la République Centrafricaine si nous ne transformons pas d'abord notre manière de penser et d'agir", en bref, il a appelé les Centrafricains à rompre avec ce qu'il a qualifié de "vieux démons du passé", citant "l'incivisme, la corruption, la paresse, la culture du moindre effort, le tribalisme et le népotisme". Mais derrière l'appel présidentiel à la "refondation" et au sursaut moral, une ombre persiste : celle des urgences structurelles passées sous silence. En imputant la stagnation du pays à un problème de mentalité ou d'incivisme, le chef de l'État évite soigneusement les questions qui fâchent. Quid de l'accès à l'éducation dans un pays ravagé par les crises ? Quid de la pauvreté endémique et de la survie quotidienne d'une population jetée dans la débrouille ? Pour de nombreux observateurs, renvoyer dos-à-dos les défaillances de l'État et le comportement des citoyens a des airs d'esquive, transformant la tribune anniversaire en tribune politique, loin de la réalité du panier de la ménagère.
LNC Site web: lncinfos.com
Photo : isidore M'BAYO/LNC ©
Date: 15 Août 2026
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