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Gouvernement - secteur Privé : le dialogue ?
Par Sophie HERVOUET l LNC
(Bangui le 8 Septembre 2026 | LNC) Le gouvernement Centrafricain semble-t-il enfin découvrir l'existence et l'importance du secteur privé ? C'est l'impression partagée par de nombreux observateurs à la suite de la conférence de presse animée le 4 Septembre 2026 par Evariste Ngamana, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Lors de cette sortie, le ministre a annoncé avec solennité la mise en place d'un nouvel espace de dialogue régulier avec les opérateurs économiques, destiné à pacifier et harmoniser des relations jusqu'ici particulièrement distantes. Le discours officiel : À entendre le porte-parole du gouvernement, les autorités ne font que franchir un nouveau palier dans un processus déjà existant, bien que resté jusqu'alors embryonnaire. Face aux journalistes, Evariste Ngamana a tenté de nuancer l'inaction passée :« Le gouvernement souhaite donner une nouvelle impulsion au dialogue avec le secteur privé et surtout lui donner un caractère plus régulier, plus structuré et davantage orienté vers les résultats. Il faut rappeler que le dialogue public-privé n'est pas une démarche nouvelle. Des mécanismes de concertation existent déjà et des travaux sectoriels ont notamment été engagés au cours des dernières années. Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est franchir une nouvelle étape. Il ne s'agit donc pas de repartir de zéro ni d'effacer ce qui a déjà été fait. Il s'agit de capitaliser sur l'expérience acquise et de renforcer l'efficacité du dispositif ».Pourtant, la réalité des faits dessine une tout autre dynamique. Ce ne sont pas les autorités de Bangui qui ont initié ce rapprochement par pure vision stratégique, mais bien les acteurs du secteur privé eux-mêmes. À bout de patience face à l’accumulation de directives gouvernementales verticales, imposées sans aucune concertation préalable, les entrepreneurs ont fini par imposer cette table ronde pour exiger d'être enfin écoutés.Une "chaîne institutionnelle". Pressé par la grogne des opérateurs économiques, le ministre a dû reconnaître l'ampleur des chantiers et la diversité des blocages qui minent l'économie nationale : « La réalité économique nous montre que les préoccupations du secteur privé sont nombreuses et de natures diverses. Elles peuvent concerner l'amélioration du climat des affaires, le financement de l'économie, la fiscalité et la compétitivité des entreprises, le capital humain, la transformation productive et les infrastructures. Il serait difficile de traiter efficacement toutes ces questions dans un seul cadre général. C'est pourquoi le gouvernement a souhaité inscrire le dialogue public-privé dans une chaîne institutionnelle claire ».Si les médias officiels, à l'instar de Radio Guira, s'empressent de saluer une réforme traduisant « la volonté des autorités de renforcer la collaboration avec le secteur privé afin de favoriser un environnement plus propice au développement économique », le monde des affaires reste sur sa faim. Le climat des affaires en République Centrafricaine souffre d'un manque chronique de confiance, et seule la mise en œuvre concrète et rapide de ces annonces permettra de juger si ce dispositif est une réelle avancée ou une simple opération de communication politique.
LNC
Date: 8 Septembre 2026
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