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Hausse des prix des carburants à Bangui
Pa Antoinette KODROGUÉ l LNC
(Bangui le 30 Septembre 2026 l LNC) Déjà épinglé par la Banque mondiale pour son opacité structurelle, le secteur des hydrocarbures en République centrafricaine s'apprête à subir un nouveau coup de massue. Géré au gré à gré par le clan Touadéra, le marché des carburants centrafricain — déjà le plus cher de toute la zone CEMAC — fait face à une augmentation imminente des prix à la pompe. Pour désamorcer la bombe sociale qui couve, le gouvernement a envoyé en première ligne la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga, sommée d'ouvrir des négociations d'urgence avec les syndicats pour justifier l’injustifiable.
Pourquoi la ministre du Travail et pourquoi les syndicats ? Derrière ce « mystère et boule de gomme », la stratégie de Bangui est limpide : anticiper la paralysie du pays en étouffant la colère des centrales ouvrières face à la hausse inévitable des tarifs de transport et des produits de première nécessité. Devant les partenaires sociaux, la ministre s’est voulue alarmiste : « Actuellement, nous sommes en crise, et cette crise est mondiale. Et entre autres, ce qui nous concerne en Centrafrique, c’est l’enjeu relatif aux hydrocarbures ». Elle a ajouté que, sous la conduite du Premier ministre Félix Moloua, des concertations étaient en cours pour « voir comment on peut amorcer ce choc qui va arriver ». Un aveu clair que la hausse officielle est déjà actée sur les bureaux de l'exécutif.
Le gouvernement tente de se draper dans un rôle de régulateur face à une augmentation qui s’opère déjà de manière informelle dans les rues de la capitale. « Un comité interministériel a été mis en place. Nous avons travaillé avec les marketeurs qui sont nos partenaires », a affirmé la ministre. Pourtant, la ficelle est un peu grosse. Il y a trois ans, les Centrafricains subissaient déjà un bond historique : le super s'envolait de 50,3 % (passant de 865 à 1 300 FCFA) et le gasoil grimpait de 69,6 % pour culminer à 1 450 FCFA le litre. Bangui paie au prix fort son statut d'importateur intégral, là où des voisins producteurs comme le Congo ou le Gabon parviennent à amortir les secousses du brut mondial.
Cette flambée énergétique vient surtout fracasser les promesses faites aux institutions internationales. Avec une telle dérive des coûts de l'énergie, l'objectif d’un repli de l’inflation à 3,3 % d’ici fin 2026, projeté par le Fonds monétaire international (FMI) pour stabiliser l’économie nationale, relève désormais de l'utopie pure. Quant au parrain russe, il tente une nouvelle fois de jouer les pompiers pyromanes. Moscou vient d'annoncer l'envoi imminent d'un nouveau don humanitaire de carburants et de lubrifiants à Bangui. Une aide gratuite similaire à celle de janvier 2025 (29 400 tonnes de gazole), qui offrira une bouffée d’oxygène temporaire aux dépôts de la capitale, mais qui ne réglera en rien la mafia et les dysfonctionnements structurels d'un secteur pétrolier totalement asphyxié.
LNC
Date: 30 Septembre 2026
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