

La fabrication artisanale de briques
Par Mathilde LERAT l LNC
(Bangui le 23 Janvier 2026 - LNC) À Boeing, quartier situé derrière l’aéroport de Bangui, la fabrication artisanale de briques s'impose comme un moyen de survie pour de nombreux jeunes désœuvrés. Ici, la fabrication de briques cuites prend de l'ampleur ces derniers mois. Faute d’emplois et de perspectives, ils exploitent la terre et le bois environnants pour produire ces matériaux indispensables à la construction. Mais cette activité entraîne une dégradation accélérée de l’environnement, marquée par l’érosion des sols, la destruction de la végétation et la déforestation liée à la cuisson des briques. Entre nécessité économique et urgence écologique, la population locale se retrouve face à un dilemme sans solution immédiate. Au-dessus d'une carrière à ciel ouvert, une épaisse fumée grise s’élève. Le sol y est éventré de manière anarchique, le paysage est défiguré, accidenté et dangereux. Munis de pelles et de pioches, Ruffin et son équipe d'au moins huit personnes mettent en place des fours rudimentaires. Des ouvrages d’argile dans lesquels des milliers de briques cuisent lentement, au rythme du feu : « Comme d'habitude, après l’extraction, l’argile est mélangée à de l’eau, longuement pétrie, puis moulée dans des cadres en bois. Les briques encore humides sont séchées au soleil pendant plusieurs jours. Elles sont ensuite empilées dans les fours que vous voyez, alimentés par une importante quantité de bois. La cuisson dure parfois plus de 48 heures. » Et pour atteindre les températures maximales, les briquetiers utilisent du bois en quantités considérables. Selon Ruffin, ces arbres sont abattus aussi bien dans les quartiers que dans les forêts environnantes : « Sans cette activité, je ne peux pas nourrir ma famille. Parmi nous, il y a des étudiants et des diplômés sans emploi. Je pratique cette activité depuis une dizaine d’années. Au début, on trouvait facilement des arbres. Mais ces dernières années, avec l’augmentation du nombre de fabricants, il nous faut aller très loin dans la forêt. » Faute d’industries modernes capables de produire des matériaux de construction à grande échelle, les habitants se tournent vers des méthodes artisanales. Une activité essentielle à la survie de nombreux foyers, mais qui dissimule une réalité délicate. Anicet, notable du chef du quartier Boeing, en témoigne : « La cuisson des briques exige une grande quantité de bois, contribuant à une déforestation accélérée. Comme vous pouvez le constater, les arbres disparaissent, laissant place à des sols nus et fragilisés. La fumée dégagée par les fours pollue l’air. Aujourd'hui, le changement climatique s’impose de plus en plus. » Des ONG et quelques initiatives locales tentent bien d’expérimenter d'autres alternatives, mais leur impact reste limité face à l’ampleur du phénomène. Germain Bissafi, environnementaliste : « Il présente les conséquences de la production des briques et propose des solutions. »
Pour: LNC
Date : 23 Janvier, 2026
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