L’HUMANITAIRE EN QUESTION

Par Aline M'PANGBA-YAMARA l LNC Directrice de LAMINE MÉDIA Rédactrice en chef de LNC

(Bangui le 21 Août 2026 l LNC) Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) est contraint de baisser la voilure. Faute de financements suffisants et écrasé par d'autres urgences internationales, le système se fragilise. En République Centrafricaine, l'agence onusienne a dû fermer ses propres antennes régionales. Plus globalement, ce sont 116 bases humanitaires qui ont baissé le rideau à travers le pays. Faute de moyens, ce retrait laisse des régions entières, souvent très isolées, à l’abandon. C’est près de la moitié de la population qui se retrouve ainsi privée de filet de sécurité. À ce tarissement de l'aide s'ajoute l'extrême dangerosité du terrain. Dans le pays, les travailleurs humanitaires prennent des risques immenses au quotidien pour atteindre les populations, naviguant entre les violences des groupes armés et l'insécurité chronique. Mais qui s’intéresse encore à ce petit pays enclavé ? À l'heure où les projecteurs et les budgets mondiaux sont accaparés par les crises en Ukraine, au Soudan ou à Gaza, la/le Centrafrique glisse dans l'angle mort de la diplomatie. Le manque de visibilité du pays, doublé d'une crise profonde de mal-gouvernance, n'y est pas pour rien : il décourage des bailleurs de fonds de plus en plus sélectifs. Abandonné à son triste sort, c’est tout un peuple qui meurt en silence, dans l’indifférence générale.

LNC Site

Date: 21 Août 2026

Copyright © 2013-2026 Tous droits réservés: LAMINE MEDIA