

Manque d’aire de séchage de manioc à Gboyo
Par Aline M'PANGBA-YAMARA l LNC Directrice de LAMINE MÉDIA Rédactrice en chef de LNC
(Bangui le 13 Février 2026 - LNC) Venu d'Amérique du sud, Brésil ou Vénézuéla, le manioc fut introduit en Centrafrique dans les années 50 et est très vite devenu un des aliments de base, même si son apport nutritif est nul. Ce point historique posé, à Gboyo, situé à 80 kilomètres dans la direction de Sibut-Damara, mais aussi sur toute l’étendue du territoire Centrafricain; on manque de suffisamment d’aires appropriées pour le faire sécher, les producteurs sont obligés de sécher leur production à même le sol. Une pratique qui expose le produit à de nombreux risques : passage de véhicules lourds, poussière, pollution et intrusion d’animaux domestiques. Ces contraintes entraînent d’importantes pertes et réduisent considérablement les revenus des ménages agricoles. Nadège, cultivatrice et transformatrice, partage son calvaire quotidien : « Nous manquons d’eau, de barriques pour le trempage et surtout de Lakéré. Sans ces équipements, les chèvres mangent nos produits et les camions les écrasent. Nous subissons beaucoup de pertes », a-t-elle confié. Ajoutant : « Nous savons que l’exposition de nos produits au bord de la route et sur la chaussée représente un danger pour nous ainsi que pour la santé des consommateurs. Mais nous sommes obligés, car il n’y a pas d’aire de séchage dans notre village. Si nous en avions une, nous ne sécherions pas nos produits ici », a-t-elle ajouté. Jean-Luc, un autre acteur de la filière, déplore le manque de moyens appropriés mis à leur disposition : « Si nous disposions d’aires de séchage aménagées, de bâches propres et d’un point d’eau, la qualité de notre manioc s’améliorerait considérablement. Aujourd’hui, nous sommes obligés de sécher les produits dans des conditions précaires, ce qui les expose à la poussière et aux animaux. Avec des moyens appropriés, nous pourrions produire un manioc plus propre, mieux conservé et plus sûr pour les consommateurs. Cela nous permettrait aussi de mieux vendre notre production et d’augmenter nos revenus. C’est pourquoi nous demandons aux autorités du pays et aux organisations non gouvernementales de nous venir en aide », a-t-il lancé. Dans cette localité où la culture du manioc constitue une activité économique majeure, les producteurs espèrent que leurs cris détresses seront entendus. Pour eux, la mise en place d’infrastructures simples mais adaptées représenterait un pas décisif vers une production plus sûre, de qualité, plus rentable et capable de répondre durablement aux besoins alimentaires de la région.
LNC
Date : 13 Février 2026
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