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Le défi de la sécurité et des « deux places » dans les motos
Par Isabella Luisa CAPELLI l LAMINE MEDIA
(Bangui le 20 Octobre 2026 l LNC) En République centrafricaine, et particulièrement dans la capitale Bangui ainsi que sur les grands axes périphériques, les motos-taxis sont devenus indispensables à la mobilité urbaine. Face à la dégradation des axes routiers et au manque crucial de transports en commun, ils permettent chaque jour à des milliers de Centrafricains de se déplacer. Cependant, le secteur souffre d'une insécurité routière chronique. Pour y faire face, le ministère des Transports a durci le ton en rappelant une règle stricte : le nombre de passagers est désormais limité à deux personnes au total par engin — soit
Il suffit de se poster à la sortie Sud-Ouest de Bangui, sur l'axe menant vers Mbaïki, pour constater l'ampleur du problème. Bon nombre de conducteurs excellent dans la surcharge, transportant parfois deux à trois clients simultanément, au mépris du code de la route et de la capacité technique des engins.
Comme le soulignent régulièrement les reportages de Radio Ndeke Luka, le comportement imprudent de certains conducteurs est à l'origine d'accidents quotidiens, souvent mortels. Restreindre l’utilisation de la moto à sa configuration d'origine — deux places occupées au maximum — apparaît donc comme une mesure de salut public pour endiguer le taux élevé de mortalité sur les routes.
Cette limitation des passagers s'intègre dans une politique globale de formalisation initiée par les autorités. Les forces publiques multiplient les opérations de contrôle à Bangui pour confisquer les motos non en règle. Désormais, pour circuler en toute légalité en duo, les conducteurs doivent présenter un dossier administratif complet :
• Le permis de conduire.
• La carte grise et la fiche technique de l'appareil.
• L'autorisation de transport obtenue via le guichet unique du ministère des Transports.
• Le port obligatoire du casque pour le conducteur et son passager, ainsi qu'un gilet d'identification numéroté.
Du côté des professionnels du guidon, la pilule est parfois difficile à avaler. L'Association nationale des motos-taxis pointe régulièrement du doigt les réalités du terrain : l'explosion du prix du carburant à la pompe, les agressions nocturnes violentes ciblant les jeunes conducteurs, mais aussi les rackets persistants aux barrières de contrôle (comme à Nzila ou PK9) qui amputent leurs revenus quotidiens. Pourtant, malgré ces tensions économiques, la transition vers un transport à "deux places" sécurisé est inévitable. Voyager en duo réglementaire protège non seulement la vie des usagers, mais valorise également un métier indispensable à l'économie centrafricaine.
LNC
Date: 20 Octobre 2026
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