Disparition de pénis, on rigole ou on pleure ?

Par Karen Ann SULLIVAN,I l LNC

(Bangui, le 1 Mars 2026 - LNC) Quand le n'importe quoi s'instille dans les esprits. Depuis jours, Bangui vit au rythme des rumeurs, comme il ne faut pas grand chose pour l'enflammer, c'est le pompon. Une psychose qui trouble l’ordre public dans plusieurs arrondissements de Bangui. On parle de disparition de sexes,fait réel ou de simples rumeurs ? On a fouillé un peu partout, il s’agit de fausses informations, qui ont commencé l’année dernière à Ndélé, puis en juillet dernier à Bambari, avant d’atteindre Bangui. C'est sérieux cette affaire, plusieurs personnes auraient perdu leur appareil génital, notamment leur pénis, après avoir salué un passant. Après des passages au commissariat du 8e arrondissement de Bangui, au quartier Gobongo, à Boy-rabe ou encore au quartier Foûh, aucune preuve de disparition de pénis n’a été présentée. Les soit disant victimes affirment à chaque fois qu’elles ont retrouvé leur pénis alors que personne n’avait pu voir la disparition avant le rétablissement. Par contre, des personnes innocentes ont été violentées et soumises à la vindicte populaire pour vol de sexe alors qu’aucune preuve des faits qu’ils leurs sont reprochés n’est établie. Interrogé, le professeur Richard Ngbalé, Gynécologue obstétricien à l’Hôpital communautaire de Bangui, qualifie cela de manipulation. « C’est carrément de rumeurs. Des rumeurs parce que jusqu’au moment où je vous parle nous n’avions pas reçu qui ont perdu leur sexe. Le procureur de la République nous a fait parvenir une note pour demander notre expertise à propos de cette affaire, j’ai eu la chance de voir et poser la question à ces soit disant entre guillemets « victimes », ils n’ont pas perdu leur sexe. Mais il y a des gens qui ont de malformations au niveau de sexe et ils peuvent vivre normalement et ça n’impacte pas leur vie », répond le Médecin.= L'affaire devient sérieuse, même le gouvernement (qui n'a que ça à faire) se dit préoccupé et projette de communiquer dessus dans les heures à venir. En attendant, les agressions contre des personnes soupçonnées à tort de vols de pénis, se multiplient dans la ville et sans aucune mesure de répression; même si, selon le parquet de Bangui, les responsables d’agressions des personnes accusées à tort sont poursuivables pour coups et blessures volontaires et risquent des peines de prison. ô tempora ! ô mores !

LNC

Date : 1 Mars 2026

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