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Portrait de Jypsie Natacha Yangandia
Par Gilles DELEUZE l LNC
(Bangui le 28 Août 2026 l LNC) En République Centrafricaine, là où les barrières de genre et certaines pratiques comme la polygamie tendent encore à invisibiliser les femmes, de rares trajectoires brisent les plafonds de verre. C’est le cas d’Ursule Jypsie Natacha Yangandia. À la tête de l’usine de la SODECA (Société de distribution d'eau de Centrafrique) à Bouar, cette Banguissoise d'environ 1,70 mètre incarne une exception inspirante dans un univers managérial et technique traditionnellement réservé aux hommes. Pur produit du système éducatif de la capitale, elle a forgé sa rigueur au fil d'un parcours d'excellence : après des études primaires à l’école de Fatima Fille et un premier cycle au lycée Barthélemy Boganda, elle décroche un baccalauréat en mécanique générale au lycée technique de Bangui. Elle choisit ensuite de se spécialiser en électromécanique à l’Institut moderne des métiers spécialisés. C’est à sa sortie de l’institut qu’elle se présente à la SODECA comme électromécanicienne. Recrutée après un stage particulièrement réussi, elle tape rapidement dans l'œil de sa hiérarchie : « Quand je suis sortie de l’école, je me suis présentée à la SODECA. J’ai démarré là-bas comme stagiaire, puis j'ai été recrutée. Par la suite, face à la qualité de mon travail, mes chefs hiérarchiques ont choisi de m’envoyer comme cheffe d’usine à Bouar », se rappelle-t-elle. Sur place, la tâche est immense et demande une dévotion de chaque instant. Loin des clichés, Ursule Yangandia gère d'une main de maître le quotidien opérationnel de l'infrastructure : « Une fois au niveau de l’usine, premièrement, je vais vérifier le niveau d’huile dans mon groupe électrogène, je vais vérifier le carburant et, par la suite, je vais lancer mon groupe électrogène pour démarrer l’usine. Dès que je lance le groupe électrogène, je vais maintenant au niveau du traitement de l’eau. Je vais commencer à lancer la machine, la pompe de refoulement, la pompe de reprise. Une fois les pompes lancées, je vais maintenant faire les traitements. Pour les traitements, on utilise du HTH et du sulfate d'alumine (SA). Donc, quand le traitement finit, c’est là que la population de Bouar peut avoir de l’eau dans son robinet. » En relançant quotidiennement cette usine, elle prouve avec brio que diriger une infrastructure industrielle majeure en tant que femme n'est pas une gageure, mais une simple question de compétences.
LNC
Date: 28 Août 2026
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