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Le secteur privé Centrafricain est sous financé
Par Antoinette KODROGUÉ l LNC
(Bangui le 28 Octobre 2026 l LNC) Les entreprises et les PME centrafricaines du secteur privé sont déjà peu nombreuses, mais elles souffrent surtout d'un manque criant de financements. Malgré des potentiels évidents, l'accès au crédit et aux investissements reste un parcours du combattant.
Réunies du 1er au 3 octobre 2026, les Bangui Financial Days ont tenté de s'attaquer à ce problème majeur. Mais comment dynamiser financièrement le secteur privé et favoriser, par la même occasion, l'emploi ?
Pour Aliou Maïga, directeur régional de la Société financière internationale (SFI) : « Une entreprise qui peut démontrer qu'elle a des activités ou des garanties pouvant permettre de rembourser le montant qu'elle demande, en général, se fera financer. La question, c'est : comment une entreprise peut démontrer qu'elle a suffisamment d'activité pour rembourser ses prêts ? Dans les pays les plus avancés, on parle d'états financiers. Mais il n'y en a pas ici. » Il ajoute : « Sans état financier, qu'est-ce qu'on peut regarder ? Classiquement, les banques vont demander des garanties. Et là, également, la technologie permet dans beaucoup de cas aujourd'hui de pouvoir faire des analyses basées sur les comportements et les flux. »
Ce manque de structuration est confirmé par Benoît Mandogo, dirigeant de « L'Or Rouge », une entreprise de production d'huile de palme basée à Bossongo, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Bangui : « Pendant dix ans, nous avons travaillé dans l'informel, sans papiers, sans infrastructures, sans électricité et sans véritable vision. Nous travaillions manuellement, avec des outils et des équipements archaïques. Ce manque de professionnalisation ne me permettait pas d'accéder au financement bancaire ni au crédit. »
En Centrafrique, le marché de l'emploi est quant à lui dominé à près de 97 % par l'informel. Le taux de chômage et de sous-emploi y reste dramatiquement élevé, touchant plus de 60 % des jeunes. D'après Aliou Maïga, ce chantier est une priorité absolue : « La meilleure définition du développement, c'est de créer des emplois jusqu'au plein emploi. Si on arrive à faire ça, on a développé un pays. Le focus, c'est vraiment : comment créer des emplois productifs et durables dans les infrastructures, dans les secteurs générateurs d'emplois ? »
Pour couronner le tout, le cadre légal centrafricain n'arrange rien et entretient la frilosité des investisseurs. À titre d'exemple, le projet de loi sur le climat des affaires, initié il y a plus de dix ans, n'est toujours pas finalisé. Un retard chronique que les autorités attribuent à la complexité du dossier, mais qui résonne comme une énième négligence politique paralysant l'économie réelle.
LNc
Date: 28 Octobre 2026
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