Le sous sol Centrafricain

Par Isabelle DUTHEIL l LNC

(Bangui le 13 Septembre 2026 | LNC) Le tragique glissement de terrain survenu le mardi 18 Août 2026 dans la mine d'or artisanale de Zamboyé, dans l'ouest de la République Centrafricaine, relance brutalement le débat sur la gestion et la sécurisation du sous-sol national. Cet accident met en lumière le contraste saisissant entre la richesse des ressources du pays et la précarité extrême de ceux qui les extraient.
Près d'un mois après le drame, l'incertitude plane toujours sur le nombre exact de victimes. Les bilans varient considérablement selon les sources : Le bilan officiel : Les autorités Centrafricaines font état de 49 morts, dénombrant parmi les victimes des ressortissants Centrafricains, Camerounais et Tchadiens. Tandis que localement, on parle d'une centaine de morts.
Si le site a été provisoirement fermé par le ministère des Mines, aucune réforme structurelle n'a été annoncée pour moderniser et sécuriser l'orpaillage artisanal. Interrogé sur les solutions possibles, Amadou Bah, directeur exécutif de l'ONG Action mines Guinée (Amines), plaide pour une rupture politique majeure. Selon lui, la mise en place de couloirs d'exploitation délimités est le strict minimum. Ce dispositif requiert le déploiement sur le terrain d'unités d'encadrement technique, composées d'agents de l'administration minière, de spécialistes de l'environnement, de la santé, de la sécurité au travail, ainsi que de forces de l'ordre pour faire respecter les normes. En Centrafrique, la réalité du terrain reste bien éloignée de ces standards internationaux. À l'instar des griefs formulés récemment par l'opposition politique, les critiques dénoncent une gestion opaque et centralisée du secteur minier, perçu comme le domaine exclusif du chef de l'État, géré au gré des opportunités politiques et financières du moment au détriment de la sécurité du peuple Centrafricain.

LNC
Date: 13 Septembre 2026
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