Reprise de la SUCAF ?

Par Gilles DELEUZE l LNC

(Bambari le 22 Juillet 2026 l LNC) Problème, la société libanaise SATA en remplacement de l’ancienne SUCAF veut s'installer au village de Koshiotoulou, et pour ce faire, veut qu'on délocalise tout simplement les habitants à 15 kms de là, à Ngakobo, dans la la Ouaka, sauf que, les habitants de Koshiotoulou ne sont pas du tout d'accord, en témoigne Mathias Pangorama, l’un des habitants, précisant que les populations locales occupaient les lieux bien avant l’installation de la SUCAF et n’avaient jamais connu de différend avec cette entreprise. « Nous sommes les autochtones de ce village. Nos parents étaient les premiers occupants avant même l’arrivée de la SUCAF. Avec cette société, nous n’avons jamais eu de problème. À notre grande surprise, la société SATA, accompagnée du préfet de la Ouaka et du président du tribunal de grande instance de Bambari, est venue nous annoncer notre délocalisation vers un site situé à 15 kilomètres, avec pour seule compensation 18 tôles et quelques kilos de pointes par ménage. Nous nous sommes sentis frustrés, comme si nous n’étions pas des Centrafricains ayant droit à notre terre », a-t-il dit. Rappelant aussi que les habitants avaient contribué à la protection de la SUCAF pendant les périodes de crise. « C’est nous qui avons sécurisé cette société durant les moments difficiles. Est-ce ainsi que l’on nous remercie ? Nous ne quitterons pas notre village, où se trouvent nos maisons, nos champs et les tombes de nos ancêtres ». Le Prefet de la Ouaka, Pascal Pamal, confirme bien l’existence de ce projet de délocalisation : « Il s’agit d’une entreprise libanaise autorisée par l’État à s’implanter sur le site de l’ancienne SUCAF. Compte tenu des activités prévues, il est nécessaire que les populations concernées soient relocalisées. Deux sites leur ont été proposés, dont un sur l’axe Kouango, à environ 15 kilomètres. La terre appartient à l’État, qui peut en disposer dans l’intérêt public ». Pour lui, les habitants du village en question seraient seraient influencés par des personnes opposées au projet. « Cette population est manipulée par un groupe de personnes dont je connais les noms. Cette délocalisation était envisagée depuis l’époque de la SUCAF. Ce n’est donc pas un dossier nouveau ». Précisons que la SUCAF était implantée à Ngakobo depuis plusieurs décennies avant de cesser ses activités à la suite de la crise sécuritaire dans le pays. La société Libanaise SATA voudrait reprendre ses activités.

LNC

Date: 22 Juillet 2026

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