Les excuses de Törö Ndara

Pa Karen Ann SULLIVAN l LNC

(Bangui le 24 Août 2026 l LNC) L’affaire, une tempête dans un verre d'eau, mais qui met en lumière un pan de la mentalité rétrograde Centrafricaine, le chanteur Centrafricain, plus connu sous son nom d'artiste Törö Ndara, a présenté ses excuses publiques (en passant, on ne s'excuse pas soi même, on se fait excuser NDLR) à la population après la décision du Haut Conseil de la Communication (HCC) et du Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme de lui interdire une chanson jugée controversée. C'était le Samedi, 22 Août 2026 à Bangui, sur l’initiative d’Armand Touaboy, président de l’Union des Musiciens de Centrafrique (UMC). Ce jour,, Törö Ndara a fait comme les Chinois sous Mao, il s'est battu la coulpe, en reconnaissant publiquement ses erreurs et exprimé son regret face aux bouleversements provoqués par son titre Vityala. « Merci. Ce qui m’a vraiment motivé à écrire cette chanson, c’est qu’ici, dans le milieu jeune, pour se faire une place musicalement, il faut passer par des voix de clash et aussi des chansons avec des vulgarités. Parce que la majorité de nos frères jeunes aiment seulement de la vulgarité. Au fait, j’ai lancé le message à mes frères rappeurs, et c’était d’une métaphore. Mais mes frères et sœurs ont pris une autre tournée et ça a créé des bouleversements dans notre société. Je présente mes sincères excuses à la population que j’ai vexée à travers ma chanson ». Et buvant le calice jusqu'à la lie, il dit suivre les conseils de ses aînés et de la ministre de la Culture, qui lui a demandé de sensibiliser ses pairs. « Je demande à tous les autres rappeurs de cesser avec ce genre de musique. On peut utiliser le rap aussi pour conscientiser et mobiliser la population ».. Intervenant pour sa part, Armand Touaboy de rappeler lle rôle de l’UMC dans cette affaire : « On a été interpellé par la population et on est obligé de travailler d’abord avec l’artiste concerné pour savoir pourquoi il avait fait cette chanson. Il nous avait donné des explications et par la suite on avait décidé de censurer cette musique. Le ministre a accepté de nous revoir et a pris note. À partir d’aujourd’hui, ce jeune doit servir l’État dans la sensibilisation des jeunes qui sont encore dans ce milieu. » Touaboy pendant qu'il y était, dit qu'il a mis en place des formations pour les jeunes artistes, afin de leur apprendre à respecter des thèmes et éviter les dérives verbales. « Nous allons sensibiliser les discothèques et les points de téléchargement pour arrêter de diffuser ce genre de musique. Nous avons identifié au moins 19 titres qui seront bientôt notifiés »,. Évidemment, cette affaire vue d'Occident, prêterait à sourire, car là, il est question de la liberté de créer qui entre en opposition à des mœurs décadentes, et à l'intervention d'une ministre, qui n'a que ça à faire. on se souvient douloureusement de la censure en France dans les années 60, la voilà bien vivante en Centrafrique.

LNC

Date: 24 Août 2026

Copyright © 2013-2026 Tous droits réservés: LAMINE MEDIA