La réélection du président Faustin Touadéra avec 76,15%

Par fernand NADOT l LAMINE MÉDIA

(Bangui, le 6 Janvier 2026 - LNC) Dans la nuit du Lundi 5 à Mardi 6 Janvier, l'Autorité nationale des élections en Centrafrique a annoncé, la réélection du président Faustin Touadéra avec 76,15% des voix, contre Anicet-Georges Dologuélé, son principal opposant, arrivé en seconde position avec 14,66% selon ces résultats provisoires. Mais son principal opposant Anicet-Georges Dologuélé, qui a revendiqué la victoire Vendredi 2 Janvier, dénonce des irrégularités majeures dans ce scrutin. Le porte-parole du président Touadéra a rejeté ces allégations le lendemain, les qualifiant de "fausses" et mettant en garde contre les risques de "troubles". À noter que quelque 52,43% des électeurs du pays se sont rendus aux urnes le 28 Décembre 2025 pour ce quadruple scrutin, dont les résultats définitifs seront proclamés par le Conseil constitutionnel à la mi-Janvier, après l'examen d'éventuels recours. Élu en 2016 puis réélu en 2020 lors d'un scrutin entaché de soupçons de fraude, Faustin Touadéra est critiqué pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir. Henri-Marie Dondra, arrivé troisième avec 3,19% des suffrages a appelé Lundi soir, avant-même la proclamation des résultats provisoires officiels, à une "annulation pure et simple des scrutins". Dénonçant "l'incapacité" de l'Agence nationale des élections à organiser le vote. Les observateurs de l'Union africaine (UA), eux n'ont rien vu des magouilles du pouvoir, et ont de leur coté salué des "élections apaisées". Le représentant de la délégation de l'UA avait loué, en début de semaine dernière, lors d'une conférence de presse, "une marche en avant vers la démocratie". Il a estimé que ces élections, "sans commune mesure avec les processus électoraux de 2016 et de 2020", ont respecté les procédures légales en vigueur. L'opposition, dont une partie a boycotté les élections, a dénoncé une "mascarade" et reproché aux institutions, dont l'Autorité nationale des élections et la Cour Constitutionnelle, d'être aux mains du pouvoir en place. Touadéra réélu, s'est présenté lors de sa campagne comme le "candidat de la stabilité" dans un pays toujours agité par une succession de guerres civiles, de coups d'État et de régimes autoritaires depuis son indépendance de la France en 1960. Le pays est en voie de stabilisation et le gouvernement contrôle aujourd'hui près de 90% du pays alors que 80% du territoire était contrôlé par des groupes armés en 2021, ont souligné plusieurs analystes interrogés par l'AFP. Mais ce triomphe ne changera pas grand chose, car la vie des 5,5 millions de Centrafricains, dont 71% vivent toujours sous le seuil de pauvreté, reste précaire, avec un manque des services de base, de routes carrossables, un chômage endémique, un taux de formation faible et un coût de la vie de plus en plus élevé. En plus, l'instabilité persiste toutefois à l'est, à la frontière des deux Soudans, et au nord-ouest. La signature d'accords de paix avec trois groupes armés cette année, la présence de l'ONU (Minusca) et celle de quelque 2.000 mercenaires Russes du groupe Wagner présents à la demande de Touadéra ont permis de sécuriser les opérations de vote.

Pour: LNC

Date : 6 Janvier, 2026

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